LE TEMPS DE LA COMPASSION EST VENU



Pour le pèlerin à la recherche de son âme, le chemin a souvent été long et poussiéreux jusqu’à présent, les écueils douloureux, les épreuves difficiles et quelques fois dénuées de sens au prime abord : il n’était pas aisé de comprendre que derrière la tourbe , la lumière était là, lovée dans les profondeurs, invisible pour l’œil du profane, mais néanmoins prête à émerger à mesure que la matière se dé cristallisait de la lourdeur de ses blessures d’humanité.


Le temps est venu de se retourner sur ce chemin d’humanité,  de le regarder et de le reconnaître dans son ensemble avec le cœur et non avec le seul mental  :  en parcourir les étapes, les expériences, les rencontres, les épreuves, les miracles et les désespoirs, les incompréhensions, les vides et les pleins, les séparations, les souffrances, les deuils et les abandons, les morsures de honte, de jugement et de culpabilité, les mensonges , l’illusion et le poids de tant de déceptions qui racontent le poids de tant d’attentes, la  solitude et le non amour, la quête de pouvoir pour exister et l’impuissance à se vivre…


Le parcours de notre apprentissage d’humanité demande aujourd’hui à être considéré, reconnu pour lui conférer valeur et sens, pour en tirer la quintessence et les leçons de l’apprentissage, pour apprendre par un vrai choix d’amour à se réconcilier et à faire la paix avec tout ce qui a été et qui n’a pas été, avec l’expérimentation elle-même, l’autre et soi.

Ne plus regarder que ce qui doit encore être transformé, mais capitaliser ce qui l’a déjà été.


Le temps est venu de se retourner vers le pèlerin lui-même, cet homme, cette femme en nous qui a parcouru ce chemin, porteur dun enfant intérieur carencé et souvent resté seul pendant trop longtemps en attente que quelqu’un vienne le reconnaitre dans son unicité, l’aimer et le nourrir d’amour vrai.


Ce pèlerin, que nous sommes tous, s’est depuis si longtemps jugé, culpabilisé, oublié, convaincu qu’il n’était pas assez, pas suffisant. Il s’est laissé guider par le pouvoir des autres, pauvre de valeur de lui-même, il s’est laissé maltraité autant qu’il s’est maltraité lui-même, il s’est laissé subir la violence autant qu’il s’est fait violence à chaque renoncements pour plaire, pour être aimé et accepté. Il s’est laissé nié autant qu’il s’est nié lui-même à chaque renoncement à exister et à prendre sa juste place.


Le temps est venu de tendre la main à ce pèlerin fatigué, épuisé de tant de luttes et de combat, de séparation, d’absence , de chute et de renaissances et de lui offrir une vraie halte dans la lumière et la gratitude des étapes accomplies.


Il est temps de le regarder dans tout le courage et la détermination qu’il a déployés pour grandir, pour comprendre et se dépasser, malgré les moments de doutes, de désespoir et d’inertie.


Il est temps de l’accueillir dans la beauté de ce qu’il a accompli malgré la peur toujours présente et ce cœur souffrant d’une béance d’amour. Il est temps de choisir d’aller l’aimer au-delà de ses erreurs, de ses échecs, de ses manquements , sans lesquels il n’aurait jamais pu comprendre le sens d’un vrai choix. L’aimer et le comprendre au sens du cœur, le prendre avec soi.


Vouloir  pardonner, accueillir, aimer et accepter, faire la paix et se réconcilier avec cette humanité en soi dans toute son imperfection et sa limite.


Faire le choix d’enduire de ce baume d’une infinie douceur ce corps, d’abord,  souvent  négligé de l’intérieur, réceptacle de ce long périple et théâtre de toutes nos émotions, trop souvent exclu d’un chemin d’élévation, tandis qu’il représente la matière même à être transformée.


En enduire le cœur, ensuite, et guérir toutes nos histoires d’amour et de non amour, de trahison et d’illusions, pour s’ouvrir  à l’initiation ultime : l’amour de soi, s’aimer , se vouloir du bien, se chérir et reconnaître par ce choix, la valeur de la vie qui palpite en soi comme une pierre précieuse.


Finalement, s’ouvrir et reconnecter à  cette âme qui ,cachée derrière les voiles de nos souffrances, s’est pourtant manifestée de tant de façons ,pour nous appeler, nous guider, même si quelques fois ces appels étaient vécus dans la douleur et l’incompréhension, dans les mystères d’épreuves à l’apparence difficile.


Pardonner au sens de se donner et de s’offrir au-delà de ce qui a été, au-delà du vide, du mal et de l’incompréhension, au-delà du jugement et de la culpabilité, au-delà du non sens.


Pardonner au sens de donner au-delà du sentiment de sacrifice et d’injustice, du sentiment de négation….pour ne vouloir que donner, se donner et se laisser recevoir pour  se découvrir enfin createur  de chemin.


Amour, humilité et gratitude : les ingrédients sur le chemin du pardon et de la liberté intérieure.


love Cristina


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